Les marqueurs cellulaires

Certaines protéines membranaires sont exposées à la surface de chaque cellule d'un individu donné conférant à cette cellule des caractéristiques qui lui sont propres. Ces protéines sont connues sous le nom "d'Antigènes d'histocompa­tibilité". On les considère comme des marqueurs cellulaires en ce sens qu'elles dessinent à la surface des cellules des motifs dits "antigéniques" caractéristiques de chaque individu et, c'est à ce titre, que ces antigènes constituent une véritable carte d'identité chimique de la personne. Ces antigènes correspondent au sigle d'identification de l'usine qui nous sert de modèle.

Précisons seulement ici qu'un antigène est une molécule qui peut être perçue par notre organisme comme étant étrangère à notre corps.

Aussi, lorsqu'on qualifie ces protéines d'antigéniques, cela veut dire qu'elles peuvent être reconnues, lorsque transférées dans un autre organisme (lors d'une greffe de rein par exemple), comme étrangères par cet organisme et provoquer ainsi des réactions de rejet.

Pour chaque individu, ses antigènes lui sont génétiquement attribués et, par le fait même, le motif en est unique. On pourrait se créer une image en disant que ces protéines membranaires appelées Ag forment un dessin qui est spécifique à chaque type de cellule. Les premiers antigènes découverts furent ceux qui déterminent les groupes sanguins, les antigènes A et B. Ces antigènes A et B ne se retrouvent que sur les globules rouges et tous les humains sont du groupe A, B, AB ou O selon que les antigènes sont présents ou absents. Par ailleurs, toutes les autres cellules nucléées de l'organisme possèdent de nombreux antigènes d'histocompatibilité dont le nombre et les multiples formes font en sorte qu'il est bien improbable que deux individus aient les mêmes à la surface de leurs cellules à moins qu'ils ne soient jumeaux identiques.

Dans l'organisme, ces antigènes membranaires sont sous la surveillance et la reconnaissance du système de défense que l'on appelle le "système immunitaire". La fonction de ce système immunitaire est de dépister et de reconnaître tous les motifs antigéniques différents de ceux présents sur les cellules qui font partie de son propre bagage cellulaire; en d'autres mots, le système immunitaire peut différencier ce qui constitue le "soi" par opposition au "non-soi". L'organisme est donc en mesure de reconnaître tout antigène qui ne se retrouve pas sur ses propres cellules et de déclencher un processus de défense dans le but d'éliminer l'inconnu porteur des antigènes différents et, dès lors, considéré comme un envahisseur étranger. Ces processus de reconnaissance et de défense expliquent que nous puissions nous protéger efficacement contre les microbes mais, par ricochet, ce sont aussi ces mêmes processus qui font obstacle à la réussite de la transplantation chirurgicale et qui entraînent le phénomène du rejet des greffes.