Le contrôle nerveux et hormonal de la digestion dans l'estomac

On vient de voir que l'estomac brasse les aliments et sécrète différentes substances afin de réduire le bol alimentaire en une bouillie liquide appelée "le chyme". La quantité de suc gastrique sécrété par les cellules de l'estomac est environ de 3 litres par jour mais il faut comprendre ici que cette production moyenne varie en fonction du régime alimentaire de chaque individu. Il ne faut pas oublier que toutes ces activités sécrétrices ou motrices ne se font que sur demande, ce qui oblige ici l'intervention encore une fois d'un système de contrôle assez rigoureux.

Avant même que les aliments arrivent à l'estomac celui-ci est déjà le siège de certaines réactions de motilité et de sécrétions. En effet, l'arôme des rôties et du café du matin par exemple réveille les glandes salivaires tout aussi bien que les gargouillis de l'estomac. Par un mécanisme semblable, nos états émotifs tel que la peur et l'angoisse peuvent inhiber les activités gastriques. Les réponses motrices et sécrétrices de l'estomac sont évidemment sous le contrôle du système nerveux dans le sens où les odeurs et les émotions n'ont pas d'effets directs sur l'estomac mais passent bel et bien par le centre de contrôle qui perçoit, compare, commande et répond en fonction des stimuli reçus par les récepteurs sensoriels. Ces réponses visent essentiellement à préparer l'estomac à recevoir les aliments qui vont bientôt être mangés. Lorsqu'on fait référence au contrôle nerveux des activités gastriques à partir de stimuli en provenance des sens et des émotions, on parle de la phase céphalique du contrôle des activités gastriques: il s'agit en fait de ce que l'on appelle aussi des réflexes conditionnés (réflexe de Pavlov).

Une fois dans l'estomac, les aliments provoquent la distension de la paroi. Cette distension est captée par des mécanorécepteurs localisés à l'intérieur de la paroi gastrique. Ces stimuli sont transformés en influx nerveux lesquels sont acheminés par des fibres afférentes jusqu'au centre d'intégration du système nerveux autonome. Après avoir analysé les informations, le centre d'intégration active, par l'intermédiaire de fibres efférentes parasympathiques, la motilité et la sécrétion gastrique en l'occurrence la sécrétion d'HCl et de pepsine.

En plus de stimuler la motilité et la sécrétion, les fibres efférentes parasympathiques stimulent en même temps des cellules glandulaires endocrines enfouies dans la muqueuse de l'estomac. Ces cellules glandulaires sécrètent alors une hormone appelée "la gastrine". Cette hormone est directement libérée dans la circulation veineuse de l'estomac, transportée par le sang à travers le réseau sanguin puis revient à l'estomac par de petites atérioles. À ce niveau, la gastrine stimule d'une façon particulière la sécrétion d'HCl. Les mécanismes de régulation nerveuse et hormonale sont donc intimement reliés.

On peut ajouter que la production de gastrine est aussi directement soumise à des modifications chimiques provoquée par la présence de certaines substances comme par exemple de la caféine et des protéines partiellement digérées. Lorsque ces substances sont présentes dans l'estomac, elles provoquent, par un mécanisme réflexe local la libération de gastrine laquelle, comme sous l'effet des fibres parasympathiques, sera libérée dans le sang et reviendra stimuler la sécrétion d'HCl