La participation du foie dans la digestion


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Le foie est l'organe le plus volumineux de l'organisme et il participe à la digestion en produisant la bile qu'il déverse dans le duodénum.

D'une façon générale, le sang chargé d'oxygène et de nutriments arrive dans un organe via une artère. Celle-ci se ramifie alors en artérioles puis en capillaires. Les capillaires se rejoignent ensuite en veinules et, à la sortie de l'organe, le sang circule dans une veine jusqu'au cœur et les poumons. Dans le foie, on note une différence importante. En effet, on observe dans cet organe deux entrées différentes de sang :

l'artère hépatique qui amène du sang oxygéné directement du coeur ceci afin d'oxygéner les cellules hépatiques
la veine porte hépatique qui amène du sang veineux en provenance du petit et du gros intestin (veines mésentériques supérieure et inférieure), de la rate et du pancréas (veine splénique) et de l’estomac (veine gastrique).

 

Normalement, toute veine qui transporte du sang veineux le ramène directement au cœur et aux poumons via les veines caves. Dans le cas particulier du sang veineux en provenance de l'intestin, le sang veineux n'est pas directement ramené au cœur mais passe par le foie avant d'être ramené au cœur.


Tiré de Tortora et Grabowski aux éditions ERPI

La veine porte-hépatique et l'artère hépatique entrent dans le foie, se ramifient en branches de façon à rejoindre les différents lobules hépatiques. Les embranchements de ces deux vaisseaux longent côte à côte les arêtes des lobules hépatiques. Juste à l'entrée des travées hépatiques, ces vaisseaux se rejoignent et se déversent directement dans les petits capillaires hépatiques appelés sinusoïdes et y mélangent leur sang. Le sang qui circulent dans les sinusoïdes est donc un sang à la fois artériel et veineux. Les cellules des travées hépatiques reçoivent ainsi les nutriments fraîchement absorbés au niveau intestinal et l'oxygène en même temps et en grande quantité. 

Tous les sinusoïdes qui longent les travées hépatiques se déversent dans une veine centrale qui conduit ensuite le sang vers les veines sus-hépatiques lesquelles se déversent dans la veine cave inférieure conduisant le sang au cœur.

La deuxième particularité anatomique de l'organisation vasculaire du foie se caractérise par la diminution rapide du calibre des vaisseaux qui arrivent au niveau des travées hépatiques. Les embranchements de la veine porte-hépatique et de l'artère hépatique qui irriguent les lobules hépatiques sont des vaisseaux dont le calibre est relativement gros; ces gros vaisseaux se déversent directement dans les sinusoïdes dont le calibre est très petit. Cette particularité anatomique entraîne un ralentissement de la circulation du sang dans les travées hépatiques, lequel ralentissement favorise la cueillette des nutriments et de l'oxygène par les cellules hépatiques. Ainsi approvisionnées, les cellules hépatiques peuvent effectuer diverses fonctions dont une très importante pour la réalisation de la digestion des graisses ingérées.

Du point de vue digestif, le foie est impliqué dans la production et la sécrétion de la bile. Lorsqu'une cellule hépatique produit de la bile, elle la libère dans un canalicule biliaire qui longe les travées des cellules hépatiques du côté opposé aux sinusoïdes. La bile produite y voyage donc en sens inverse du sang dans les sinusoïdes. Toujours sous le même principe des petits vaisseaux qui débouchent sur de plus gros, les canalicules biliaires se déversent dans des canaux qui se rejoignent tous finalement pour former le canal hépatique commun. La bile produite est emmagasinée et concentrée dans une petite poche appelée la vésicule biliaire laquelle est reliée au canal hépatique par le canal cystique. Le foie et la vésicule sont reliés à l'intestin par le canal cholédoque formé par la fusion des canaux cystique et hépatique.

L'organisation structurale du foie lui permet d'opérer d'autres fonctions qui n’ont pas de relation avec la digestion telle quelle. 

Ainsi, la circulation ralentie du sang dans les sinusoïdes favorise l'élimination du sang de certains produits toxiques tels que l'ammoniac et les médicaments. Cette organisation anatomique permet de plus aux cellules de Kupffer (macrophages) installées dans les sinusoïdes de phagocyter et de digérer les microorganismes qui ont pu être absorbés en même temps que les nutriments au niveau de l'intestin. Le foie devient donc un organe d'épuration, de nettoyage et de désintoxication.

Les cellules hépatiques sont également responsables de la synthèse de plusieurs protéines telle l'albumine et de plusieurs facteurs de coagulation dont la prothrombine et le fibrinogène. Les cellules hépatiques assurent aussi un rôle de réserve en assemblant plusieurs petites molécules de glucose sous la forme d'un polysaccharide, le glycogène, de même qu'en assemblant les acides gras sous forme de triglycérides.

 

En tenant compte de toutes les fonctions du foie, on peut donc imaginer que tout traumatisme causant un déséquilibre de la fonction hépatique risque d'entraîner une perturbation sévère de l'homéostasie en affectant la valeur de plusieurs variables.

 

La bile sécrétée par les cellules hépatiques est emmagasinée dans la vésicule biliaire et déversée au besoin dans le duodénum. Cette sécrétion biliaire est  essentielle à la digestion des graisses dans l'intestin grêle. 

Les cellules du foie sécrètent de 800 à 1000 ml de bile par jour.

Laver de la vaisselle grasse à l'eau chaude est un problème à moins qu'on y ajoute du savon. La graisse, étant insoluble dans l'eau, reste collée à la vaisselle; le savon, par contre, a pour effet de séparer les taches de graisses en de nombreuses petites gouttelettes plus faciles à nettoyer: on dit que les graisses sont émulsifiées par le savon. Tirant profit de cette comparaison, on peut comprendre ce qui va se passer dans l'intestin grêle; les graisses vont être émulsifiées par la bile qui agit comme le savon sur les graisses dans l'eau de vaisselle.

Dans l'estomac, les triglycérides ingérés se sont coagulés en de volumineux globules. Déversée dans le duodénum, la bile a pour rôle de fragmenter ces gros globules en une suspension de très fines gouttelettes: c'est ce qu'on appelle l'émulsification des graisses. La bile n'a donc pas une action digestive, mais elle est essentielle à l'action subséquente des enzymes. L'émulsion des graisses obtenues par l'action des sels biliaires peut alors être attaquée par les lipases pancréatiques ou intestinales et être transformée en de microscopiques "micelles" absorbables par la muqueuse intestinale.

Et que contient la bile produite par le foie ?

La bile est une solution qui contient principalement 

des sels biliaires qui sont, du point de vue digestif, les constituants les plus importants de la bile. Après leur action sur les graisses, la majeure partie de ces sels biliaires sont réabsorbés dans la circulation sanguine et reviennent ensuite au foie qui les incorporera à nouveau dans sa sécrétion biliaire.

un pigment  biliaire (la bilirubine), molécule obtenue lors de la destruction des vieux globules rouges par les macrophages du foie et de la rate. Ce pigment ne participe pas à la digestion. Il constitue en fait un déchet éliminé dans l'intestin via la sécrétion de la bile. C'est ce pigment qui colore les selles en brun lesquelles seraient, en l'absence de bilirubine (ou de bile), de couleur grisâtre voire blanchâtre.

du cholestérol. Dans certaines situations, comme dans le cas de régime alimentaire riche en graisses, il peut y avoir un excès de cholestérol dans la solution biliaire. En quantité trop grande, le cholestérol peut précipiter et former un calcul. Selon sa taille, le calcul peut être évacué dans le duodénum mais s'il est trop gros, il peut bloquer le col de la vésicule et provoquer des spasmes et de la douleur. Dans des cas plus graves, le calcul peut se loger dans le canal cholédoque et empêcher ainsi l'arrivée de la bile dans le duodénum. Si le calcul se loge au point d'insertion du cholédoque et du canal pancréatique, il ne se fera, dans ces conditions, que très peu de libération d'enzymes pancréatiques et de bile. Dans ces cas, l'ablation de la vésicule biliaire et des calculs est souvent inévitable. L'ablation de la vésicule biliaire empêche une accumulation de bile entre les repas de telle sorte qu'au début d'un repas, il n'y aura pas de déversement important de bile. Ceci aura comme conséquence de ralentir mais non d'empêcher la digestion des graisses.

de la lécithine et plusieurs ions.